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Samuel Mintz

Né en Pologne, ca. 1903 - Décédé à Montreal, 1976

Fabricant

1933 - années 1960

Manteau (détail), Samuel Mintz, vers 1957. Don de Fernande D. Rochon, M2016.19.1 © Musée McCord

Après avoir quitté sa Pologne natale pour s’établir à Montréal, Samuel Mintz fonde la manufacture de vêtements féminins Mayfair Garment Company en 1933, lorsqu’il a environ 30 ans. D’abord inscrite dans l’annuaire de la ville comme entreprise de fabrication de manteaux et de tailleurs, dont Mintz est vraisemblablement le propriétaire et designer, Mayfair se lance par la suite dans la confection de copies et d’adaptations de créations de grands couturiers, dont Pierre Cardin, Guy Laroche et Givenchy. Plus tard, l’entreprise est inscrite sous la catégorie plus générale du vêtement pour dame, bien que son offre demeure axée sur les manteaux et les tailleurs.

Durant les années 1940 et 1950, la Mayfair Garment Co. vend des tailleurs et des vêtements d’extérieur du dernier cri, fabriqués principalement dans des tissus importés d’Angleterre, en suivant les tendances dans les silhouettes dictées par les grandes capitales de la mode.

Comme Mintz le mentionne au journal The Globe and Mail, « bien que la plupart des vêtements canadiens haut de gamme soient adaptés de la dernière mode parisienne et new-yorkaise, ce sont des créations originales en ce sens qu’ils doivent être réadaptés pour notre climat plus rigoureux ».

À cette fin, les créations de Mintz sont souvent garnies de fourrure et de laines importées, comme du lama du Pérou et, dans un cas, du mohair spécialement imprimé avec un motif floral.

Manteau (détail), Samuel Mintz, vers 1957. Don de Fernande D. Rochon, M2016.19.1 © Musée McCord

Mintz dirige son entreprise à une époque où il est courant de produire sans licence des copies quasi identiques des créations de couturiers réputés. Si certaines des copies de Mayfair portent une étiquette indiquant le nom du créateur original (comme dans une gamme de tailleurs et de manteaux Cardin de 1958), ce n’est pas le cas de chacune des reproductions fabriquées et vendues par Mayfair. Les responsables des achats des grands magasins canadiens sont emballés par les copies parisiennes, et les vêtements Mayfair sont annoncés entre autres chez Ogilvy et Simpsons.

Peu importe l’originalité des modèles, les manteaux et les tailleurs Mayfair se distinguent par leur construction et le désir de Mintz d’expérimenter avec la silhouette.

En 1947, le magazine Chatelaine va même jusqu’à dire que c’est grâce à Mintz si les manteaux ont pris une nouvelle direction « radicale », avec leurs silhouettes carrées, leurs manches surdimensionnées et leurs cols châle. Plus tard, Mintz offrira des vêtements à manche chauve-souris, à taille basse, ainsi qu’un manteau à manche raglan dans un tissu français exclusif.

Très actif au sein de la communauté montréalaise des fabricants de manteaux et de tailleurs, Mintz occupe tôt dans sa carrière le poste de président de la Cloak and Suit Manufacturers’ Protective Association. Il deviendra plus tard vice-président et membre du conseil d’administration du Manufacturers’ Council of the Ladies’ Coat and Suit Industry of the Province of Quebec. Ce conseil s’occupe des relations entre les fabricants et leurs ouvriers, négociant avec les syndicats et se penchant sur la question des changements de nature financière touchant l’industrie.

Sources

Boggiss, Ivor W. « Montreal Producers Cite Non-Union Output Inroads. » Women’s Wear Daily, January 26, 1953.

“Canadian Coat Heads, » Women’s Wear Daily, February 27, 1948.

“Cardin to Design for Canadian Manufacturer.” Women’s Wear Daily, April 23, 1958.

“Copies of Paris. » The Gazette, September 8, 1960.

Jukes, Mary. « Predicts Little Favor Here for Extremely Narrow Line. » The Globe and Mail, June 16, 1953.

“Ogilvy’s Presents New Fall Wools. » Ottawa Citizen, September 25, 1947.

« Printed Mohair in Canadian Show. » Women’s Wear Daily, April 22, 1958.

« Spring Preview. » The Gazette, March 18, 1952.

« Taking Coats in Your Stride. » Chatelaine, October, 1947.

« What Has Paris Done to the Bustline?, » The Gazette, September 7, 1954.

Auteur

Laura Snelgrove, Collaboratrice

Dernière révision le
01/02/2019 Suggérer une modification

© Musée McCord 2019