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Lawrence Sperber

Né à Montréal, 1905 - Décédé en 1996

Créateur

1933 - 1976

Robe (détail), Lawrence Sperber, vers 1950-1955. Don de Mary O'Meara, M2003.144.1.1-2 © Musée McCord

Lawrence Lazarus Sperber fut jadis l’un des représentants les plus en vue de l’industrie du vêtement à Montréal. Natif de Montréal, il travaille brièvement pour des manufacturiers locaux et fréquente l’Université McGill pendant un an avant de s’établir à New York où il étudie pendant six mois à la Women’s Textile School, pour ensuite poursuivre sa formation avec Hattie Carnegie. Il travaille par la suite comme coupeur et patronnier pour des maisons de couture sur Seventh Avenue.

De retour à Montréal en 1933, Sperber ouvre une entreprise de fabrication, Sperber Bros. Ltd, au 1470, rue Peel , avec son frère aîné Sydney. Toujours en 1933, Lawrence épouse Gladys Epstein de Hamilton, en Ontario, dont la famille possède le grand magasin Freiman à Ottawa. Ce facteur contribuera au succès précoce de son entreprise et l’aidera à traverser les années difficiles de la Crise et de la Deuxième Guerre mondiale.

Photographe inconnu, Vitrine présentant les créations de Lawrence Sperber, vers 1947. Don du Professeur Murray A. Sperber, Fonds Lawrence Sperber P753, M212.101.2.8 © Musée McCord

Sperber se spécialise avant tout dans la confection de robes. Pour sa collection d’automne en 1934, il dessine une série de robes du soir en velours garnies de fourrure.

En 1936, il s’inspire du 19e siècle pour créer une collection de jupes à crinoline pour l’automne.

Sperber se lance également dans les tenues sport et les « vêtements de ville décontractés » en 1938. Ayant commencé à exporter en Australie et en Afrique du Sud dès 1934, il ouvre un bureau à Londres en 1936, mais la guerre met un terme à ces activités. Il continue toutefois d’exporter sa marchandise aux États-Unis. En mai 1941, le magasin new-yorkais Lord & Taylor présente un pantailleur Sperber dans sa vitrine. En juin de la même année, Sperber entame une collaboration avec Nini Turcotte, une designer américaine née au Québec, avec qui il produit une ligne de « tenues de ville » composées d’un blazer décontracté et d’un pantalon à jambes larges confectionnés dans une rayonne de Courtauld.

La vaste gamme de prix de Sperber contribue à la prospérité de son entreprise et l’aide à faire face aux restrictions imposées par la Commission des prix et du commerce en temps de guerre du Canada.

En juin 1942, il présente une collection de styles conçus pour répondre aux exigences de la Commission et met l’accent sur la durabilité de ses tissus.

En 1946, devenu président de sa propre entreprise, Lawrence Sperber Ltd., Lawrence commence à faire l’objet d’une plus grande attention médiatique. Membre du Montreal Fashion Institute, il organise un déjeuner de presse et un défilé deux fois par année dans le cadre des éditions de la Semaine de mode de Montréal.

Grâce à la notoriété dont il jouit à l’international et à ses exportations, Sperber est considéré comme le designer qui a fait connaître au monde le Canada comme producteur de vêtements.

Il s’autoproclame d’ailleurs comme le « plus grand designer de mode du Canada » dans plusieurs publicités. Il fait partie des designers présentés dans le film de 1946 de l’Office national du film du Canada, Création canadienne, et est le designer en vedette dans le film de 1952 intitulé C’est la mode!, deux films créés pour promouvoir l’industrie de la mode dans le Canada d’après-guerre.

Robe, Lawrence Sperber, vers 1950-1955. Don de Mary O’Meara, M2003.144.1.1-2 © Musée McCord

Sperber profite par ailleurs de la publicité que lui apporte sa collaboration avec plusieurs fabricants de tissus. En mai 1946, il crée une robe dans un tissu imprimé de Bruck Silk Mills inspiré d’un motif réalisé par l’illustratrice de Toronto Alice Bradshaw pour la couverture du magazine Mayfair. Il conçoit également des robes dans le tissu « Ultra Violet » de Bruck pour la collection de maquillage éponyme de Revlon, ainsi que des vêtements qui paraissent dans des publicités pour les Celanese Designer Fabrics et les Celanese Creative Fabrics en 1946 et 1947. À l’automne 1947, Sperber dessine une ligne de robes arborant l’imprimé « Red Feather » de Bruck pour la compagne de bienfaisance de la Welfare Federation Community Chest, et à l’été 1948, une robe à imprimé « Maple Leaf » de Bruck pour la Foire commerciale de Toronto. Sa prédilection pour les tissus de fantaisie se remarque aussi dans sa collection de l’automne 1940, dont un des tissus porte le nom de « Canada Goose », et dans sa ligne de l’automne 1951 mettant en vedette des tissus à imprimés de journaux.

En 1947, une robe Lawrence Sperber est annoncée dans le Vogue. Une collection de ses robes en vente aux Galeries Lafayette de Londres s’envole en une journée. Sperber est le seul designer canadien à participer à la Foire commerciale internationale de Casablanca. Si au départ, il n’aime pas le style « new look » de 1947 parce qu’une plus grande quantité de tissu est nécessaire pour fabriquer une robe, Sperber conçoit néanmoins des vêtements de poupée « new look » pour la vitrine d’un grand magasin à l’automne 1948.

En 1949, il participe à un défilé de mode entièrement canadien au Club France Amérique à Paris et à la Pacific National Exhibition à Vancouver. Au printemps de l’année 1950, Sperber vend des robes chez Blum’s sur Madison Avenue à New York. Il dessine un tailleur cocktail noir pour l’actrice britannique Nadia Gray et une gamme de vêtements pour un événement faisant la promotion de la laine à Mexico. En novembre 1951, Sperber acquiert les droits de licence afin de produire des vêtements à manche Kymont, un modèle de manche à soufflet breveté par Nini Turcotte et son mari. Il accorde la licence de la manche à d’autres entreprises qui fabriquent des vêtements à bas prix pour homme, femme et enfant.

Sperber associe également son nom aux produits d’autres manufacturiers.

On le cite dans des annonces publicitaires pour le modèle de corset Nu-Back de la Dominion Corset en 1949, pour les bas de nylon Mercury Dark-Seam Nylons en 1950, et pour la gaine Playtex Fabric-Lined Girdle en 1952. Une robe Sperber paraît également dans des publicités pour les brosses à dents Rubberset.

À la fin de l’année 1953, Sperber ferme son usine de fabrication de robes et ouvre au 1442, rue de la Montagne, à Montréal, une boutique qu’il exploitera jusqu’en 1976, une année marquée par le décès de son épouse et par la destruction de la boutique à la suite d’un incendie. Dans les années 1980 et 1990, il partage son temps entre Montréal et Palm Beach, en Floride, profitant de la retraite pour pratiquer la sculpture.

Date de publication

01/02/2019

Auteur

Cynthia Cooper, Musée McCord

© Musée McCord 2019